L’outil pour planifier intelligemment ta vie

Questions fréquentes, conseils, et liens

1. Pourquoi Cash or Crash ?

Quel est l’objectif de Cash or Crash ?

Tu devrais toujours avoir un œil sur ton indépendance financière. Tu as peut-être une vision à court terme des conséquences de tes choix. Mais connais-tu également les effets qu’une décision peut avoir sur ta vie entière ? Personne ne veut te dicter la manière dont tu mènes ta vie. Il s'agit seulement de savoir à quoi tu renonces et quels risques financiers tu prends lorsque tu prends des décisions et que tu fais des compromis. Cash or Crash ne veut pas seulement te montrer ce qui peut aller de travers, mais aussi te donner des conseils sur la manière d’améliorer ta situation financière.

En quoi est-il utile de connaître les conséquences financières de tes choix de vie ?

Face aux grandes décisions de la vie, pouvoir les prendre de manière autonome fait toute la différence. L'indépendance financière élargit cet espace de liberté — elle te permet de faire des choix qui correspondent vraiment à tes besoins et à tes valeurs.

C'est pourquoi il vaut la peine de prendre en compte les conséquences financières de tes décisions — surtout à long terme. Avoir une vision réaliste de ce qui t'attend peut t'aider à préserver ta liberté d'action, aujourd'hui et demain.

Certains choix professionnels peuvent se corriger avec le temps — mais pas tous. De longues interruptions d'activité ou des années à un faible taux d'activité peuvent rendre le retour à l'emploi ou l'évolution professionnelle plus difficiles. La bonne nouvelle : plus tu t'y penches tôt, plus tu gardes de marge de manœuvre.

Pourquoi ce qui semble avantageux à court terme ne fonctionne-t-il souvent pas à long terme ?

Beaucoup de personnes sont conscientes qu'il peut être avantageux de renoncer, pendant une formation, au salaire que l'on pourrait obtenir autrement. En effet, le revenu sera plus élevé une fois le diplôme obtenu. Les possibilités d'emploi et de carrière seront plus nombreuses et le risque de se retrouver au chômage diminuera. Il en va de même lorsqu’un couple décide d’avoir des enfants. Avec le premier enfant, une discussion sur la répartition des tâches est nécessaire. Il n'est souvent, à court terme, guère intéressant financièrement que les deux parents restent actifs. En effet, la garde des enfants coûte cher en Suisse et les effets fiscaux sont défavorables pour les couples mariés. Si la volonté politique était là, cela pourrait changer. Mais au moment de prendre une décision, les parents doivent vivre avec les circonstances actuelles.

Les incitations inopportunes ont pour conséquence que de nombreuses jeunes mères prennent plus de retard dans leur carrière qu'elles ne le souhaiteraient. Souvent, les futurs pères gagnent mieux leur vie et ne souhaitent pas – notamment dans l'intérêt du revenu familial – gâcher leurs chances de carrière en réduisant leur temps de travail. Le partage unilatéral des tâches désamorce à ce moment-là la situation. Mais le renoncement des mères va bien au-delà de leur renoncement salarial temporaire. Beaucoup d'entre elles sous-estiment les difficultés qu'elles rencontreront plus tard pour augmenter à nouveau leur taux d'activité. De plus, parce qu'elles doivent assumer moins de tâches à responsabilité lorsqu'elles travaillent à temps partiel, leur salaire stagne, voire baisse. Il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi intéressant. Et la probabilité d'une promotion professionnelle ultérieure est faible. Si une séparation ou un divorce survient, ces problèmes ne sont guère pris en compte en cas de litige. Le père doit contribuer à l’entretien des enfants. Mais pour leur propre entretien, les mères sont alors de plus en plus souvent livrées à elles-mêmes.

Pourquoi un parcours de vie ne peut-il pas être réorienté à volonté ?

Si tes parents ne sont pas au moins millionnaires, le revenu du travail est déterminant pour ta situation financière. Ce sont donc les perspectives de rémunération sur le marché du travail qui sont déterminantes. Le niveau de formation et la profession que tu as choisis jouent ici un rôle, de même que le fait que tu envisages une carrière professionnelle et que tu investisses dans ton développement professionnel. Même si tu as actuellement un·e partenaire avec un revenu élevé, tu ne peux pas compter sur le fait qu'il en sera toujours ainsi. Le mariage à vie est aujourd'hui presque l'exception. Tu es uniquement à l'abri si tu restes financièrement indépendant·e.

Les règles du marché du travail font que le temps partiel ne t'ouvre pas toutes les portes, que tu trouves cela bien ou pas. Avec un faible taux d’activité, tu réduis tes chances professionnelles pour toute ta vie. Les statistiques montrent que les personnes qui occupent des postes de cadres travaillent généralement au moins à 80 %. Plus le taux d’activité est bas, plus les possibilités sont limitées. Il peut être difficile de retrouver un poste intéressant comprenant un taux d’activité plus élevé. Et tu manqueras probablement les premières étapes importantes de ta carrière. Il est difficile de les rattraper après 40 ans. En outre, avec un faible taux d’activité, tu n'as souvent pas de revenu fixe et tu es mal assuré·e, par exemple si tu es malade pour une longue durée. Enfin, si ta rente de vieillesse ne suffit pas, des problèmes peuvent se présenter pour ta retraite.

Qu'est-ce qui est important pour l'équité financière d'un couple ?

Tant que vous n'avez pas d'enfants, que vous êtes tous les deux financièrement indépendants et que vous avez des revenus similaires, il n'y a guère de problèmes d'argent lorsque vous vivez ensemble. Si l'un·e gagne plus, il ou elle peut participer davantage aux frais. Les défis apparaissent avec les enfants. Vous avez besoin et envie de temps pour eux. La garde des enfants en bas âge est un travail de tous les instants. Comment concilier cela avec une carrière professionnelle ? L'équité consisterait à ce que vous fassiez tous les deux votre part pour concilier les deux et que vous preniez des responsabilités partagées en matière de garde. Il n'y a pas qu’une meilleure solution universelle, mais il n'y a pas non plus de contraintes qui dictent la suite de la vie. Soyez donc créatifs et n'hésitez pas tous les deux à négocier de bonnes conditions sur votre lieu de travail. Car les habitudes mises en place avec le premier enfant sont difficiles à changer par la suite.

Sur quoi se basent les calculs de Cash or Crash ?

Dans Cash or Crash, il est toujours question d'argent. Et comme le revenu professionnel est important pour la situation financière individuelle, les salaires sont au centre des préoccupations. Les données sur qui gagne combien en Suisse et pour quel travail proviennent de l'enquête sur la structure des salaires de l'Office fédéral de la statistique (OFS). L'enquête sur la structure des salaires recueille auprès des entreprises des données représentatives sur 2,1 millions de salarié·e·s. Pour tou·te·s, le sexe, l'âge, le taux d’activité, la formation, la branche, la position professionnelle sont connus, et bien d'autres choses encore. Il est possible d'en tirer des conclusions sur l'évolution du salaire au cours de la vie ou sur l'impact d'une position de cadre ou d'un diplôme supplémentaire.

En outre, de nombreuses autres informations sont utilisées pour déterminer les impôts, les tarifs de garde d'enfants ou la pension de retraite. Elles s'appuient souvent directement sur les bases légales. C’est indiqué dans les calculs lorsque d'autres bases de données ont dû être utilisées.

Quelle est la fiabilité des résultats de Cash or Crash ?

Les déclarations sur l'avenir sont toujours liées à des incertitudes. Les calculs se basent sur les conditions actuelles et montrent uniquement ce qui se passerait si les conditions restaient telles qu'elles sont aujourd'hui. Toute autre hypothèse sur l'avenir serait purement spéculative, c'est donc pourquoi nous ne tenons pas compte du renchérissement, par exemple. Malgré tout, ce que tu pourrais vivre aujourd'hui, ou ce que tu pourrais gagner, est très révélateur et instructif. Le mieux est de garder à l'esprit, lorsque tu prends des décisions importantes, que tes choix de vie d'aujourd'hui peuvent avoir de grandes répercussions, y compris sur ton avenir financier.

Liens de toutes les informations générales

Alliance F est l'association faîtière des organisations féminines en Suisse et a notamment contribué à la réalisation de Cash-or-Crash.

Beaucoup d’informations concernant tes droits sur ta place de travail sont disponibles en ligne sur le site du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG). Le BFEG a également élaboré des guides pour les personnes individuelles, les couples et les entreprises sur la manière de trouver concrètement des solutions équitables.

Les bureaux pour l’égalité dans les cantons et les grandes villes proposent également beaucoup de matériel informatif et offrent des conseils individuels. Tu les trouveras sous le site de Conférence suisse des délégué·e·s à l'égalité CSDE. Cette conférence a également élaboré elle-même des publications, par exemple des kits de prévention pour une place de travail sans harcèlement ou une étude sur les rentes de vieillesse/AVS.

Les associations professionnelles et les syndicats proposent aussi un soutien à l’égalité au travail. Les grandes associations faîtières sont l'Union syndicale suisse, qui s’engage très fortement en faveur de l’égalité salariale et pour tes droits au travail, ainsi que pour la Grève des femmes, et Travail.Suisse, qui est la plus grande organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, et qui se préoccupe davantage des problèmes de conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Les deux ont leurs propres délégué·e·s à l'égalité. Par le biais des organisations faîtières, tu trouveras également les différents syndicats de ta branche.

maenner.ch est l'association faîtière des organisations suisses d'hommes et de pères, orientée vers l'égalité.

2. Travailler à temps partiel

Le temps partiel : une avancée importante

Travailler à temps partiel peut répondre à de nombreux besoins : mieux concilier vie professionnelle et vie familiale, suivre une formation, s'investir dans un projet personnel ou simplement préserver un meilleur équilibre de vie.

Dans un contexte où les semaines de travail sont longues et les exigences professionnelles importantes, la possibilité de réduire son temps de travail constitue une opportunité précieuse. Elle permet de consacrer du temps à d'autres aspects de sa vie tout en conservant une activité professionnelle.

Comme tout choix professionnel, le temps partiel a toutefois des conséquences, notamment sur le revenu, la prévoyance, la couverture sociale et les possibilités d'évolution professionnelle. Les connaître permet d'évaluer les avantages et les éventuels impacts de cette décision.

À titre indicatif : pour assurer une prévoyance vieillesse suffisante, la Conférence suisse des délégué·e·s à l’égalité (CSDE, 2021) recommande de ne pas réduire son taux d’occupation moyen en dessous de 70 %

Réduire ou interrompre son activité professionnelle : quelles conséquences ?

Réduire fortement ou interrompre son activité professionnelle peut répondre à un besoin ou à une situation de vie. Ces choix peuvent être importants pour préserver son équilibre personnel ou familial. Mais ils peuvent aussi avoir des conséquences qui dépassent la baisse de revenu immédiate : protection sociale, revenus futurs et évolution professionnelle.

Une protection sociale liée à l'activité professionnelle
En Suisse, de nombreuses assurances sociales dépendent de l'exercice d'une activité lucrative. Lorsque tu interromps durablement ton activité professionnelle, tu perds certaines protections liées à ton emploi, notamment le droit aux indemnités de l'assurance-chômage ainsi qu'aux indemnités journalières versées en cas de maladie. La couverture contre les accidents doit alors être assurée autrement, par exemple par ton assurance-maladie ou une assurance privée. Si tu tombes gravement malade pendant une longue période, cette diminution de couverture peut entraîner des conséquences financières importantes. Les interruptions d'activité et les très faibles taux d'activité ont également un impact sur la prévoyance vieillesse. En cotisant moins, il devient plus difficile de se constituer une rente suffisante pour maintenir son niveau de vie à la retraite.

Des conséquences sur le parcours professionnel

Réduire fortement son activité ou l'interrompre pendant une longue période peut aussi limiter les possibilités d'évolution professionnelle.

C'est souvent entre 30 et 40 ans que se présentent des opportunités d'évolution, de nouvelles responsabilités ou de spécialisation. Une interruption ou une forte réduction du temps de travail pendant cette période peut limiter ces perspectives.

Le salaire progresse généralement moins vite et les possibilités de formation continue peuvent être plus limitées.

Dans certains secteurs, les emplois offrant un très faible taux d'activité restent peu nombreux.

Plus l'interruption dure, plus il peut être difficile de retrouver un poste correspondant à ses qualifications ou de reprendre une activité à temps plein.

Connaître ces conséquences ne signifie pas qu'il faille renoncer au temps partiel ou à une interruption d'activité. En revanche, les anticiper permet de prendre des décisions éclairées et, lorsque c'est possible, de mettre en place des solutions qui préservent ton indépendance financière.

 

Le travail à temps partiel : un choix… vraiment ?

Le temps partiel est souvent présenté comme un choix personnel — et lorsqu'il est réellement voulu, il n'y a rien à redire à privilégier un meilleur équilibre de vie. Mais dans la réalité, ce choix n'est pas toujours entièrement libre.

En Suisse, les journées de travail sont longues. Dans des secteurs comme les soins, l'éducation ou le travail social — employant majoritairement des femmes — exercer à plein temps avec des horaires irréguliers peut être difficile à tenir sur la durée. Beaucoup souhaiteraient travailler davantage, mais dans de meilleures conditions.

Et quand un couple a des enfants, ce sont encore le plus souvent les mères qui réduisent leur taux d'activité. Deux raisons structurelles l'expliquent : le temps partiel est plus facile à obtenir dans les métiers à dominante féminine, et les femmes gagnent en moyenne moins que leur partenaire — ce qui rend la réduction de leur revenu apparemment moins coûteuse pour le budget du ménage.

À court terme, cette logique peut paraître raisonnable. À long terme, elle fragilise les femmes : revenu plus bas, prévoyance vieillesse réduite, indépendance financière amoindrie.

Quand les pères s'impliquent davantage dans la garde des enfants ou réduisent eux aussi leur temps de travail, la conciliation cesse d'être un problème de femmes — elle devient un enjeu de société que les employeurs et les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer.

Le congé sans solde : une alternative à une interruption complète d'activité

Toutes les interruptions d'activité ne se valent pas. Un congé sans solde peut être une solution pour consacrer davantage de temps à de jeunes enfants, à des voyages prolongés, à une formation continue ou à d'autres projets personnels.

Par rapport à une interruption complète d'activité, il présente certains avantages :

Tu conserves ton emploi. 

La durée du congé est prise en compte dans l'ancienneté, ce qui permet de maintenir un lien avec l'employeur et peut avoir un impact sur le délai de préavis ainsi que sur le maintien du salaire en cas d'incapacité de travail. 

Il est recommandé de conclure un accord écrit avec l'employeur. Celui-ci peut notamment préciser le maintien des cotisations sociales et la couverture en cas d'accident. Après 31 jours de congé sans solde, une assurance par convention peut être souscrite pour prolonger la couverture accidents (jusqu'à six mois maximum).

Les écarts de revenus entre femmes et hommes : des choix individuels ou des mécanismes sociaux ?

Les écarts de revenus entre femmes et hommes ne s'expliquent pas par des décisions individuelles. Ils reflètent des mécanismes sociaux profonds — qui commencent bien avant l'entrée dans la vie professionnelle.
Dès l'enfance, filles et garçons ne sont pas toujours encouragés de la même façon : mêmes intérêts, mêmes ambitions, mêmes formations ? Pas vraiment. Ces influences orientent progressivement les femmes et les hommes vers des secteurs différents — avec des rémunérations différentes.
Car les métiers à dominante féminine restent moins bien payés que les métiers à dominante masculine, malgré des compétences, des responsabilités et une utilité sociale tout aussi importantes.
À cela s'ajoute la discrimination salariale directe : une femme et un homme qui font le même travail chez le même employeur ne sont pas toujours payés pareil. Même après avoir pris en compte tous les facteurs objectifs — formation, expérience, ancienneté — il reste souvent une différence inexpliquée. C'est cette part-là qui constitue une discrimination — et elle est interdite par la loi.

Les stéréotypes jouent aussi un rôle concret :

L'assurance et l'ambition sont valorisées chez les hommes — et parfois perçues négativement chez les femmes.

Négocier son salaire ou demander une augmentation est moins attendu des femmes — ce qui contribue à creuser l'écart.

Et enfin, la répartition inégale des responsabilités familiales fait le reste : moins de temps de travail, interruptions de carrière, postes à responsabilités refusés aux mères — les conséquences financières s'accumulent sur des années.

Connaître ces mécanismes, c'est déjà un premier pas pour ne pas les subir.

Reprendre ou augmenter son activité professionnelle : quels défis ?

Réduire fortement son activité professionnelle ou faire une pause prolongée peut être un choix adapté à une situation de vie. 

Mais lorsque tu souhaites plus tard augmenter ton taux de travail, certaines difficultés peuvent apparaître :

Le monde du travail évolue rapidement, notamment avec la numérisation. Certaines connaissances doivent être actualisées et il peut être nécessaire de renouer avec les pratiques professionnelles de son domaine.

Les réseaux professionnels peuvent s'affaiblir avec le temps, alors qu'ils jouent souvent un rôle important pour accéder à de nouvelles opportunités.

Lorsque tu réduis fortement ton activité ou interromps ton parcours professionnel, tu peux manquer certaines opportunités d'évolution. Dans de nombreuses entreprises, les nouvelles responsabilités sont encore souvent confiées aux personnes qui sont déjà visibles dans l'organisation et dont l'expérience est connue au fil du temps.

Avec l'âge, retrouver un emploi après une longue interruption peut également devenir plus difficile. Certaines personnes peuvent être confrontées à des préjugés liés à l'âge ou à une concurrence accrue sur le marché du travail. 

Cependant, une interruption ou une réduction du temps de travail ne signifie pas une absence de compétences. Au contraire, les périodes consacrées par exemple à la famille ou à un engagement bénévole permettent de développer des capacités utiles dans le monde professionnel. 

Celles-ci restent toutefois encore trop peu reconnues dans les processus habituels de recrutement. C'est pourquoi un retour vers un emploi correspondant à ses qualifications peut demander du temps et nécessiter un accompagnement adapté.

Connaître ces enjeux permet de prendre des décisions éclairées. Réduire son activité peut répondre à des besoins importants, mais il est essentiel d'anticiper les conséquences possibles sur ses opportunités professionnelles, sa prévoyance et son indépendance financière. 

Pour aller plus loin

Voici comment réussir à faire du jobsharing.

Qui a du mal à augmenter son taux d’activité en Suisse ? Chiffres détaillés de l'Office fédéral de la statistique (OFS)

La Guide du temps partiel pour les entreprises montre les aspects importants pour le travail à temps partiel dans les entreprises.

La Haute école spécialisée de Lucerne est également en train de travailler sur le thème du topsharing - le partage des responsabilités de direction pour une meilleure égalité des chances entre femmes et hommes (en allemand).

3. Négocier le salaire

Égalité salariale : la loi existe, mais a-t-elle des dents ?

Depuis le 1er juillet 2020, la loi révisée sur l'égalité oblige les entreprises de 100 employé·e·s ou plus à réaliser régulièrement une analyse interne de l'égalité salariale, vérifiée par un organe indépendant.

Cette analyse s'appuie en général sur Logib, l'outil développé par la Confédération. Il prend d'abord en compte des critères objectifs — formation, expérience professionnelle, années de service, fonction, niveau d'exigence du poste. Ce qui reste une fois ces facteurs pris en compte s'appelle l'écart salarial inexpliqué. 

Et si un écart inexpliqué est constaté ? Pas d'amende, pas de sanction. L'employeur est simplement tenu de refaire l'analyse quatre ans plus tard. De quoi alimenter de vives critiques sur la scène politique.

Et demain ? Cette obligation n'est pas gravée dans le marbre : sauf prolongation par le Parlement, elle s'éteint automatiquement le 1er juillet 2032. Une motion parlementaire (Graf, 25.406) demande justement de supprimer cette échéance et de la rendre permanente — le débat est en cours. 

Autre faille pointée du doigt : une entreprise jugée conforme une première fois n'a plus jamais à repasser l'analyse. Une initiative parlementaire (Porchet) veut y mettre fin, pour que toutes les entreprises soient réévaluées tous les 4 ans, sans exception.

Comment est mesurée la différence de salaire entre hommes et femmes ?

Conformément à la méthode officiellement reconnue, les analyses salariales tiennent d'abord compte de toutes les données connues sur les facteurs qui ont une incidence sur les différences de salaire horaire entre les genres (comme le groupe professionnel, la branche, l'âge, l'ancienneté, les exigences liées au poste, la fonction de cadre, etc.) Seule la différence salariale inexpliquée qui subsiste ensuite correspond à la discrimination salariale potentielle.

En outre, les différences salariales dans leur ensemble sont également pertinentes, c'est-à-dire les différences de revenus professionnels en général entre les femmes et les hommes. Dans les études internationales, on parle de « Gender Overall Earnings Gap ». Il reflète également les différences de taux d’activité et d'opportunités d'emploi, qui sont souvent liées à la répartition des tâches au sein de la famille.

Négocier son salaire : combien gagnes-tu ?

Le travail, c’est bien plus qu’un salaire, c’est clair. Mais ton salaire mérite aussi ton attention. Même de petites différences de salaire peuvent, au fil des années, représenter des sommes considérables ! Mets en avant ce que tu accomplis et ce que tu apportes à ton employeur. Le fait que les femmes aient souvent tendance à se montrer plus modestes contribue aussi à maintenir leurs salaires à un niveau plus bas.

Beaucoup de femmes ont du mal à défendre leurs intérêts et à faire valoir leurs exigences. Et beaucoup d’hommes (et de femmes) ont du mal à voir des femmes s’affirmer et parler de leurs compétences avec assurance. Les prestations des femmes sont aussi souvent moins valorisées. C’est un cercle vicieux qui contribue aux inégalités salariales. Aide à le briser ! Prépare tes arguments et fais valoir tes attentes. Ne pas s’occuper de la question du salaire ne permet pas d’avancer. Oser, c’est déjà gagner.

Éliminer les raisons qui expliquent un salaire trop bas

Si tu gagnes peu, demande-toi pourquoi. Est-ce que tu négocies mal ton salaire ? Exerces-tu un métier typiquement féminin, qui est généralement moins bien rémunéré ? Ton taux d’activité est-il tellement bas que tu sembles facilement remplaçable ? As-tu peur de perdre ton emploi et de ne pas en trouver un meilleur ? Une formation complémentaire pourrait-elle t’aider ? Essaie d’agir là où tu peux réellement améliorer ta situation !

Si tes collègues masculins gagnent davantage que toi, parle-en. Demande pourquoi et n’accepte pas tout sans discuter. Tu as légalement droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.

Pour préparer une négociation salariale, utilise un calculateur de salaire (par exemple, celui de l’Union syndicale suisse) pour te faire une idée de ce qui se pratique habituellement.

4. Une formation supplémentaire ?

La formation comme levier de sécurité financière

La formation joue un rôle important dans les possibilités professionnelles et la sécurité financière à long terme. Elle influence notamment les opportunités d'emploi, les possibilités d'évolution et la capacité à s'adapter aux changements du marché du travail. Elle peut ainsi contribuer à réduire les risques de dépendance financière.

En moyenne, les personnes disposant d'un niveau de formation plus élevé bénéficient de revenus plus importants et rencontrent moins souvent des périodes prolongées sans emploi.

Mais un diplôme n'est pas le seul facteur qui compte. L'expérience professionnelle, les compétences développées au fil du parcours et la formation continue jouent également un rôle important.

Formation : un investissement qui ne se traduit pas toujours de la même manière

Aujourd'hui, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes — voire plus nombreuses — dans les universités suisses. Elles investissent autant dans leur formation, et de plus en plus dans des domaines traditionnellement masculins : elles représentent désormais la moitié des inscriptions en sciences naturelles et mathématiques, et un tiers en ingénierie. La situation évolue — même si certains domaines techniques restent encore largement masculins.

Pourtant, ces formations ne se traduisent pas toujours de la même manière dans la vie professionnelle. Les écarts apparaissent souvent au moment où les responsabilités familiales augmentent. Les femmes réduisent plus fréquemment leur temps de travail ou interrompent leur activité professionnelle — ce qui peut limiter leurs possibilités d'évolution et d'accès à des postes à responsabilités.

La formation continue : des opportunités encore inégalement accessibles

Aujourd'hui, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes — voire plus nombreuses — dans les universités suisses, et investissent pleinement dans leur formation initiale.

Pourtant, l'accès à la formation continue reste encore inégal. Les femmes participent moins souvent aux formations liées à l'activité professionnelle ou financées par l'employeur. Cela ne s'explique pas par un manque de motivation, mais par des facteurs structurels.

Les entreprises investissent souvent davantage dans la formation des personnes qu'elles considèrent comme susceptibles d'évoluer au sein de l'organisation. Or les femmes travaillent plus fréquemment à temps partiel ou avec des contrats moins stables, ce qui peut réduire leur accès aux formations financées par l'employeur.

Les stéréotypes liés au genre peuvent également jouer un rôle. Lorsque les employeurs supposent que certaines personnes réduiront leur activité professionnelle à l'avenir, ils peuvent moins souvent leur proposer des opportunités de développement.

La formation continue constitue pourtant un levier important pour maintenir ses compétences, évoluer professionnellement et préserver son indépendance financière.

5. Ça roule mieux pour les hommes

Le monde du travail n'est pas (encore) équitable — voici pourquoi

Les inégalités que tu vis (ou observes) dans ta vie professionnelle ne sortent pas de nulle part. Elles reflètent des inégalités plus larges, encore bien présentes aujourd'hui entre femmes et hommes.

D'où viennent-elles ?

Des choix de carrière genrés. Le marché du travail reste divisé : les métiers dits « féminins » sont moins bien payés, les métiers dits « masculins » le sont mieux.

Une charge domestique inégale. Ce sont encore majoritairement les femmes qui assument les tâches familiales et domestiques non rémunérées — ce qui freine leur intégration sur le marché du travail.

Une discrimination salariale persistante. Même à travail équivalent, dans la même entreprise, les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes — sans que cela puisse s'expliquer par des critères objectifs. C'est ce qu'on appelle l'écart salarial inexpliqué, et il est interdit par la loi — mais difficile à prouver et à corriger.

Que dit la loi ?

La loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes interdit toute discrimination fondée sur le sexe au travail. Impossible, par exemple, de te discriminer en raison de ton état civil, de ta situation familiale ou d'une grossesse.

Concrètement, sont interdits :

La discrimination salariale
Le harcèlement sexuel et les propos dénigrants à caractère sexiste
La discrimination à l'embauche — par exemple quand un poste est attribué de préférence à un homme à cause d'une grossesse potentielle ou de jeunes enfants, quand les critères d'évaluation favorisent des qualifications « typiquement masculines », ou quand des critères de sélection désavantagent les femmes sans être réellement pertinents pour le poste
La discrimination dans l'emploi — moins d'accès à la formation continue, des tâches moins intéressantes confiées
La discrimination à la promotion — évaluations de performance différentes selon le sexe, exigences de disponibilité ou limites d'âge sans justification objective, ou encore des postes à responsabilités refusés à des mères de jeunes enfants sous prétexte qu'elles « seront souvent absentes »

Un métier "de femme", un salaire "de femme"

Les rôles genrés se construisent dès la petite enfance. À l'adolescence, ils influencent déjà la construction de ton identité et ton choix professionnel. Le choix des métiers et des filières d'études évolue, mais lentement : selon l'Office fédéral de la statistique, il reste fortement marqué par les stéréotypes de genre.

En Suisse, le système de formation te demande de choisir un métier très tôt. Trop tôt, peut-être, pour prendre le recul nécessaire et remettre en question les normes de genre traditionnelles.

Dès qu'une profession compte plus de 70% de femmes ou d'hommes, elle devient «genrée». Et ça a un prix :

Les métiers d'hommes paient mieux. Les métiers de femmes sont souvent moins bien rémunérés.

Quand une profession se féminise, sa valeur baisse. Le prestige social et le niveau de salaire diminuent souvent — alors que les exigences du poste, elles, restent les mêmes.

Harcèlement sexuel au travail : que peux-tu faire ?

Les comportements abusifs sont difficiles à prouver — le harcèlement se produit rarement devant témoins. Ça ne veut pas dire que se taire est la seule option. Le mouvement #MeToo l'a montré : parler change les choses.

Tu es témoin ou victime de ce genre de comportement ? Ne reste pas silencieuse·x.

Le Bureau fédéral de l'égalité te donne, sur sa page Harcèlement sexuel sur le lieu de travail, des conseils concrets sur la marche à suivre et sur ce qu'il faut mettre en place pour garantir un environnement de travail sain.

Plusieurs services cantonaux de l'égalité publient des brochures sur la loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes. Tu y trouveras tes droits, les démarches à suivre et les points de contact en cas de discrimination au travail.

Liens sur l'égalité dans la vie professionnelle et le harcèlement sexuel

Divers services cantonaux de l'égalité ont publié des brochures contenant des informations sur la loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes (en allemand). Celles-ci informent sur les droits, les procédures et les bureaux de contact en cas de discrimination dans la vie professionnelle.

Le site www.sexuellebelaestigung.ch du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes fournit des informations spécifiques sur le harcèlement sexuel et sur les moyens à disposition pour les combattre.

6. Évoluer professionnellement

Attendre que la petite enfance soit passée pour évoluer professionnellement ? Mauvais calcul

Remettre son évolution professionnelle à plus tard est souvent plus difficile. Les statistiques sont claires : les étapes clés d'une évolution professionnelle — comme accéder à un poste à responsabilités ou prendre la tête d'une équipe — se jouent surtout dans les premières années de vie professionnelle. Passé 40 ans environ, les opportunités d'évolution se raréfient.

À situation comparable, on prête plus de potentiel à une personne de 25 ans peu expérimentée qu'à une personne de 40 ans.

Comment concilier la phase de la petite enfance et la carrière ?

De nombreux hommes feignent de concilier petite enfance et carrière. Ils cherchent plutôt des partenaires qui les soutiennent en prenant en charge les tâches familiales. Mais une autre solution existe peut-être, plus solidaire. Dans le domaine scientifique par exemple, on attribue un grand potentiel aux couples à double carrière, car ils se font mutuellement progresser dans leur activité grâce à leurs échanges. Toutefois, le modèle de rôles est celui de deux emplois à temps plein, y compris pendant la phase de la petite enfance. Dans d'autres carrières professionnelles, travailler à 100 % n’est pas une condition préalable, mais il s’avère, selon les statistiques, qu’un taux d’activité de minimum 80 % est un seuil critique pour les postes de cadres. Il est souvent possible de prolonger un peu le congé de maternité ou de paternité ou de reprendre le travail avec un taux d’activité réduit pour une première période limitée. Ce n'est en outre que récemment que les modèles de codirection et de topsharing se sont davantage établis. Dans ce cas, deux personnes se partagent généralement un poste avec deux temps partiels. Certains groupes, comme Swisscom ou la Poste, permettent aujourd'hui systématiquement ce type de fonctionnement.

Liens sur l'égalité et la carrière

Le Secrétariat d'État à l'économie SECO a élaboré des conseils à l'intention des entreprises pour réussir à placer davantage de femmes dans des fonctions dirigeantes.

L'Université de Saint-Gall a également rédigé un rapport de Gender Intelligence sur ce thème en 2021.

7. Vivre ensemble

Vivre ensemble ne veut pas dire dépendre l'un de l'autre

On partage beaucoup de choses dans la vie à deux. Mais les conséquences financières de tes décisions, c'est toi qui les assumes.

Tant que vous êtes ensemble, la solidarité financière peut être forte. Selon le prestataire, vous pouvez par exemple vous désigner mutuellement auprès de votre caisse de pension comme bénéficiaire en cas de décès prématuré, ou pour toucher une rente de veuf ou de veuve à la retraite.

Mais dès qu'un conflit surgit ou que vous vous séparez, cette solidarité n'a plus rien d'obligatoire. La désignation auprès de la caisse de pension ? Elle peut, selon le règlement, être annulée unilatéralement — parfois du jour au lendemain.

Vos revenus sont très différents, ou vous avez contracté des engagements ensemble — comme l'achat d'un logement ? C'est justement là qu'un contrat de concubinage fait toute la différence.

En quelques mots : qu'est-ce qu'un contrat de concubinage ? C'est un document écrit, librement rédigé par vous deux, qui fixe noir sur blanc les règles de votre vie commune. Il devrait notamment régler :

la répartition des dépenses courantes et du patrimoine
Ce qui se passe en cas de séparation (contributions d'entretien, partage des biens)
l'entretien des enfants communs, le cas échéant
une éventuelle désignation de bénéficiaire en cas de décès

Contrairement à la désignation auprès de la caisse de pension, ce contrat est contraignant — tu peux le faire valoir devant un tribunal.

Concubinage, moins de filet de sécurité

Vous avez des enfants et l'un de vous réduit son activité professionnelle pour s'en occuper ? En concubinage, ce choix n'est presque jamais équitable en cas de séparation.

Le problème est mécanique : celui ou celle qui réduit son activité gagne moins, et devient financièrement dépendant·e de l'autre. Contrairement au mariage, qui impose une certaine solidarité entre partenaires, le concubinage ne protège pas du tout la personne qui met de côté son activité professionnelle pour s'occuper de la famille.

Quatre différences concrètes avec le mariage :

  • En cas de séparation : dans le mariage, les biens acquis à deux pendant la vie commune sont partagés à parts égales (partage des acquêts). En concubinage, chacun repart avec ce qu'il a accumulé — point final.
  • En cas de décès : le conjoint survivant hérite d'une part réservataire et n'est pas imposé sur cette succession. En concubinage, rien de tout ça n'est automatique.
  • Pour la rente AVS : les couples mariés bénéficient du splitting. Les revenus réalisés pendant le mariage sont additionnés, puis répartis à parts égales entre les deux conjoint·e·s pour le calcul de leur future rente AVS. Cette règle est particulièrement avantageuse pour les couples dont les revenus sont inégaux ou modestes. En concubinage, chaque personne voit sa rente calculée sur la base de ses propres revenus. Une réduction du taux d’activité entraîne donc une rente plus basse.

Attention au plafonnement des rentes : contrairement au splitting, qui répartit les revenus entre les deux conjoint·e·s, les couples mariés perçoivent ensemble au maximum 150 % de la rente AVS maximale. Les personnes non mariées peuvent, quant à elles, percevoir chacune jusqu’à 100 % de la rente maximale.

  • Pour la caisse de pension : en cas de divorce, les avoirs accumulés pendant le mariage sont partagés par moitié. En cas de séparation d'un couple non marié, il n'existe aucune compensation de ce type.

Et comme la couverture du 2e pilier est de toute façon plus faible pour les bas revenus, l'effet se double.

Avant de trancher pour ou contre le mariage, ne regarde pas que les impôts. Ta couverture sociale compte tout autant — et elle est nettement meilleure dans le mariage que dans le concubinage. Elle reste toutefois limitée en cas de divorce.

Bientôt un statut entre mariage et concubinage ?

Aujourd'hui en Suisse (sauf à Genève et Neuchâtel, qui ont leur propre système cantonal), tu n'as que deux options : te marier, ou vivre en concubinage — avec, au mieux, un contrat privé pour te protéger un minimum. Aucun statut officiel n'existe entre les deux au niveau fédéral.

Ça pourrait changer. Une commission du Conseil des États a mis en consultation un projet de PACS suisse — un « concubinage amélioré », entre mariage et union libre. Moins engageant qu'un mariage, mais bien plus protecteur qu'un concubinage classique.

Le nom vient de France, où ce type de partenariat civil existe depuis 1999. La Suisse s'en inspire, sans le copier : le projet suisse est encore en discussion, et rien n'est joué.

Attention à ne pas confondre avec le partenariat enregistré, qui a existé en Suisse jusqu'en 2022 — mais uniquement pour les couples de même sexe, faute d'accès au mariage. Depuis le mariage pour tous, ce statut a disparu pour les nouveaux couples. Le PACS, lui, s'adresse à tous les couples, quel que soit leur sexe, qui choisissent délibérément de ne pas se marier.

Concrètement, si le PACS suisse voit le jour :

  • Il n'aurait aucune incidence sur ton nom, ta filiation ou tes impôts
  • Il t'offrirait une meilleure protection que le concubinage, notamment en matière d'assistance mutuelle et de protection du logement commun

Attention toutefois : le PACS ne serait pas un mariage bis. Selon les pistes actuelles, il n'offrirait par exemple aucun droit automatique à l'héritage.

Et maintenant ? La consultation est ouverte jusqu'au 17 septembre 2026. Le dossier doit encore passer devant le Parlement — de quoi suivre l'évolution avant de faire ton propre choix.

Liens sur la cohabitation

Le projet « Réalisez votre film à deux » du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes a rassemblé les enjeux importants dans le fait de vivre ensemble.

Les questions juridiques importantes concernant le concubinage sont expliquées sur la page du concubinage de ch.ch. On y trouve également des informations sur le contrat de concubinage.

8. Se marier, ou pas ? 

Pourquoi le mariage n'est-il pas qu'une question de romantisme

Jusqu'en 1988, la loi suisse était claire : « L'homme est le chef de famille. » Il pouvait même décider si sa femme avait le droit de travailler.

Cette époque est révolue — mais une chose n'a pas changé : le mariage reste, avant tout, un contrat. Un contrat qui engage tes impôts, ta prévoyance, ton patrimoine et ta protection en cas de séparation ou de décès.

Se marier par amour, c'est une chose. Comprendre ce que ce contrat change concrètement pour toi, c'en est une autre — et c'est justement ce qu'on te propose de découvrir ici.

Quels sont les avantages et les inconvénients financiers d'un mariage ?

Cash or Crash calcule pour toi les effets du mariage sur tes impôts et ta rente AVS. Voici ce que tu dois savoir :

Les inconvénients fiscaux

  • Si vous travaillez tous les deux, vous payez souvent plus d'impôts en tant que couple marié qu'en concubinage — c'est ce qu'on appelle la pénalisation du mariage.
  • À la retraite, si vos deux rentes AVS dépassent une fois et demie la rente maximale individuelle, elles sont plafonnées. Concrètement, cela peut représenter plus de 1000 francs de moins par mois pour vous deux.

Les avantages — une vraie protection financière

  • Ce que vous constituez ensemble pendant le mariage vous appartient à parts égales — peu importe qui a gagné quoi.
  • Si l'un de vous décède, l'autre hérite sans payer d'impôts sur la succession et bénéficie d'une rente de veuve ou de veuf de l'AVS — un droit réservé aux personnes mariées.
  • En cas de divorce, les avoirs de caisse de pension constitués pendant le mariage sont partagés par moitié — ce qui protège la personne qui a le moins travaillé.
  • Grâce au splitting  AVS, vos revenus sont additionnés et divisés par deux pour le calcul de la rente — ce qui avantage la personne qui gagne moins.
  • La couverture sociale est meilleure qu'en concubinage, et une compensation est prévue si l'un de vous gagne nettement plus que l'autre.

À noter
Le peuple suisse a accepté le 8 mars 2026 la loi sur l'imposition individuelle. Concrètement, cela signifie que les couples mariés seront imposés séparément, comme les couples non mariés — ce qui supprimera la pénalisation fiscale du mariage. La mise en œuvre est prévue au plus tard en 2032, les cantons ayant besoin de temps pour adapter leur système.

L'imposition inviduelle : qu'est-ce que ça change pour toi ?

Bonne nouvelle pour les couples mariés : le peuple suisse a accepté l'imposition individuelle le 8 mars 2026 ! Concrètement, cela signifie que toi et ton ou ta partenaire serez imposé·e·s séparément — comme si vous étiez célibataires. La mise en œuvre est prévue d'ici 2032.

Qui y gagne ?
Les couples où les deux travaillent à des taux similaires seront clairement gagnants — fini la pénalisation du mariage !

Qui y perd ?
Si l'un de vous travaille beaucoup moins que l'autre, la facture fiscale globale pourrait augmenter. Car avec l'imposition individuelle, celui qui gagne plus paie plus d'impôts — sans pouvoir "compenser" avec le faible revenu de l'autre.

Et avec des enfants ?
La déduction pour enfants sera augmentée et partagée entre les deux parents. Bonne nouvelle pour les familles — mais si l'un des deux ne travaille pas ou très peu, la facture fiscale peut quand même augmenter.

Dans quelle mesure le mariage t'assure-t-il une sécurité financière ?

Le mariage offre des protections financières concrètes — voici les principales :

Ce que l'AVS réserve aux personnes mariées
Si ton ou ta partenaire décède alors qu'il ou elle est encore en âge de travailler, tu reçois une rente de veuve ou de veuf.
À la retraite, si ta rente ne suffit pas, un supplément de veuvage peut s'y ajouter.
Grâce au splitting AVS, vos revenus professionnels sont additionnés puis divisés par deux pour calculer vos rentes. Résultat : la personne qui a gagné moins bénéficie d'une meilleure rente. Et même en cas de divorce, ce calcul s'applique pour toute la durée du mariage.

Ce que la caisse de pension prévoit
En cas de divorce, l'avoir accumulé pendant le mariage est partagé à parts égales — ce qui protège la personne qui a le moins travaillé.
En cas de décès prématuré de ton ou ta partenaire, tu peux recevoir une rente de veuve ou de veuf de la caisse de pension. Bonne nouvelle : de nombreuses caisses de pension accordent cette prestation aussi aux couples non mariés — renseigne-toi !

Attention : après un divorce, ne compte pas sur une pension alimentaire pour toi !
Aujourd'hui en Suisse, obtenir une pension alimentaire de son ex-conjoint·e pour soi-même est devenu très rare. Les conditions sont strictes : l'union doit avoir été déterminante pour ta vie (par exemple plus de 10 ans de mariage, enfants communs, répartition inégale des tâches). Et même dans ce cas, elle n'est versée que temporairement — le temps de retrouver une indépendance financière.

En pratique, la pension alimentaire concerne surtout les enfants. Et elle dépend toujours de la capacité financière de l'autre — si l'argent ne suffit pas pour deux ménages, il n'y en a pas.

Le message clé : quoi qu'il arrive, assure-toi de toujours pouvoir subvenir toi-même à tes besoins.

9. Des enfants ou pas ?

Avoir des enfants: une question d'amour… et d'argent !

Des enfants, ça change tout. Le temps, les priorités, les émotions — et oui, aussi le budget et peut-être ton rapport au travail. 

Avant de se lancer, quelques questions méritent d'être posées : qui réduit son taux d'activité ? Qui assume la garde ? Qui adapte quoi — et pour combien de temps ?

Ces choix ont l'air anodins sur le moment. Mais leurs conséquences financières peuvent se faire sentir pendant des décennies — sur ton salaire, ta rente, ton indépendance.

Cash or Crash te permet de voir tout ça en clair — à court terme et sur toute une vie. Parce que les meilleures décisions sont celles qu'on prend les yeux ouverts. 

Pourquoi ce qui semble avantageux à court terme ne fonctionne-t-il souvent pas à long terme ?

Avec l'arrivée du premier enfant, tout change. Pour la première fois, la question se pose : qui fait quoi ? Le désir d'être là pour son bébé est naturel et légitime. Mais souvent, cette question n'est pas vraiment discutée — les choses s'organisent d'elles-mêmes, sous la pression des circonstances : qui gagne plus, ce que propose l'employeur, ce que la crèche et les impôts coûtent. Ces réalités poussent souvent l'un des deux parents — le plus souvent la mère — à réduire son taux d'activité.

Mais les conséquences financières à long terme du partage unilatéral des tâches sont souvent sous-estimées :

Augmenter à nouveau son taux d'activité plus tard est plus difficile qu'on ne le pense.
Les salaires peuvent stagner ou baisser avec des responsabilités réduites.
Trouver un poste intéressant devient plus difficile avec le temps.
Les chances d'évoluer professionnellement s'amenuisent.
En cas de séparation ou de divorce, la personne qui a réduit son activité se retrouve souvent dans une situation financière vulnérable — et ces déséquilibres sont rarement compensés dans les litiges.

Le message clé : ce qui semble logique aujourd'hui peut coûter très cher demain.

Pourquoi la naissance du premier enfant est un moment décisif

Imagine un couple qui se dit égalitaire. Les deux travaillent, les tâches sont partagées, tout roule. Puis arrive le premier enfant — et souvent, sans vraiment s'en rendre compte, tout bascule.

C'est ce que montre l'étude Devenir parents, devenir inégaux (Le Goff & Levy, 2016), menée en Suisse romande : même les couples les plus convaincus de l'égalité reproduisent des schémas très traditionnels dès la naissance du premier enfant. Pas forcément par mauvaise volonté — mais parce que le contexte suisse y pousse : crèches chères et pas toujours disponibles, pression du marché du travail, normes sociales tenaces.

Les chiffres de l'OFAS le confirment : après la naissance de leur premier enfant, le revenu professionnel des mères baisse en moyenne d’environ 40 %. Cinq ans après la naissance, il reste encore inférieur d’environ 40 % à ce qu’il était avant la naissance. Cette baisse s’explique principalement par le recours accru au travail à temps partiel.

Mais l’inégalité ne concerne pas uniquement le taux d’activité. Elle se joue aussi à la maison. Selon les données de l’OFS (2021), les mères vivant avec un enfant de moins de 7 ans consacrent en moyenne 58 heures par semaine au travail domestique et familial non rémunéré, contre 33 heures pour les pères. Une charge de travail largement invisible, mais qui a des conséquences bien réelles sur le temps disponible pour soi, le travail rémunéré et la prévoyance.

Sans congé parental : pourquoi les mères paient la note ?

Contrairement à la plupart des pays européens, la Suisse ne dispose que d'un congé maternité de 14 semaines et d'un congé paternité de 2 semaines — sans congé parental. La moyenne des pays de l'OCDE est de 65 semaines : autant dire qu'on est loin du compte. Sans congé parental, c'est souvent la mère qui s'arrête — ou qui réduit son activité — pour s'occuper du bébé, pendant que le père reprend rapidement le travail. 

Dès ce moment, les dés sont jetés : les réflexes s'installent, les rôles se cristallisent, et le partage inégal des tâches devient la norme. La mère accumule un retard professionnel, le père n'acquiert pas les automatismes du quotidien avec l'enfant. Et ces schémas, une fois en place, sont difficiles à renverser — comme on l'a vu avec l'étude Devenir parents, devenir inégaux

Un congé parental changerait la donne : il donnerait la place aux pères de s'impliquer pleinement dès le début — et éviterait que ce soit presque toujours la mère qui paie le prix de la conciliation.

Les choses bougent toutefois :

  • Depuis 2010, la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF) plaide pour l'introduction d'un congé parental en Suisse. Dans un rapport de 2018 basé sur 140 études scientifiques, elle recommande un modèle de 38 semaines partagées entre les deux parents.
  • Genève a été pionnière : en juin 2023, 58% des Genevois·es ont accepté un congé parental de 24 semaines. Bloqué pour des raisons juridiques, il devrait finalement entrer en vigueur en 2027 — une avancée importante, même si elle tarde.
  • Au niveau fédéral, l'initiative pour un congé familial porte l'ambition d'un congé de 18 semaines pour chacun des deux parents. La récolte de signatures se termine le 1er octobre 2026. 
  • Certaines entreprises n'attendent pas et proposent déjà des solutions plus généreuses à leurs employé·e·s.

Les études montrent qu'un congé parental rémunéré favorise réellement l'égalité — à condition que l'indemnisation soit suffisante, que les pères en fassent réellement usage, et qu'il puisse être combiné avec un travail à temps partiel.

Quel rôle jouent la garde d’enfants externe et son coût ?

En Suisse, la garde d'enfants externe est l'une des plus chères d'Europe : les parents consacrent en moyenne 34% de leur revenu du ménage à la garde extrafamiliale — le taux le plus élevé du continent. Une journée en crèche coûte entre 100 et 150 francs, soit jusqu'à 1'800 francs par mois pour cinq jours. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que beaucoup de parents — souvent les mères — réduisent leur taux d'activité plutôt que de payer une garde.

Bonne nouvelle : en décembre 2025, le Parlement suisse a adopté la loi fédérale sur le soutien à l'accueil extrafamilial (LSAcc). Entrée en force en juillet 2026, elle prévoit une allocation de garde entre 100 et 500 francs par mois selon le nombre de jours de garde. Les premiers versements sont attendus d'ici 2030.

Les modèles et les tarifs de la garde extrafamiliale varient considérablement selon les cantons et les communes. Des offres font parfois défaut ou des délais d'attente existent. La garde pendant les vacances scolaires reste souvent un angle mort.

Résultat : beaucoup de couples qui aspirent à un partage égalitaire se retrouvent contraints de faire autrement — non pas par choix, mais parce que les conditions-cadres ne suivent pas.

Travail indépendant et conciliation : ce que Cash or Crash ne peut pas calculer

Les revenus des travailleur·euse·s indépendant·e·s sont si variés qu'ils ne peuvent pas être représentés dans notre calculateur. Si tu es indépendante ou envisages de le devenir, ce chapitre te donne quelques repères — mais pour une analyse personnalisée, tu devras consulter d'autres ressources.

Un point important avant tout : il faut s'assurer qu'il s'agit d'une activité indépendante réellement reconnue par l'AVS — et non d'une relation de travail déguisée où l'employeur économise sur les cotisations sociales. Ce phénomène, parfois appelé «faux indépendant», est particulièrement répandu dans l'économie des plateformes numériques.

Ce que le travail indépendant peut offrir :

  • Une plus grande autonomie dans l'organisation du temps — ce qui peut faciliter la conciliation avec la vie familiale.

Ce qu'il faut garder à l'œil : 

Pas de revenu garanti.
La couverture sociale est facultative : sans assurance d'indemnités journalières, aucun revenu de remplacement en cas de maladie.
Pas d'assurance-chômage en cas de perte d'activité.
Sans affiliation à une caisse de pension, la retraite reposera uniquement sur l'AVS et le patrimoine personnel — ce qui peut représenter un risque financier important.

Tes droits quand ton enfant est malade

Ton enfant est malade et tu dois rester à la maison ? La loi te protège — voici ce qu'elle prévoit.

Pour une maladie ordinaire :
Chaque parent a droit à un congé payé de 3 jours maximum par événement et de 10 jours au total par an — jusqu'aux 15 ans de l'enfant. Deux conditions s'appliquent :

  • Ton employeur peut exiger un certificat médical.

La prise en charge personnelle doit être nécessaire : si l'autre parent est disponible ou si un autre membre de la famille peut prendre le relais, ce droit ne s'applique pas.

En cas de maladie grave :
Si ton enfant souffre d'une maladie grave et nécessite un accompagnement intensif sur une longue période, tu as droit à un congé de soins de 14 semaines maximum, indemnisé à 80% du salaire — de la même façon que le congé maternité ou paternité. Durant cette période, tu es également protégé·e contre le licenciement.

Liens sur les enfants et la conciliation de la vie professionnelle et familiale

Le projet « Réalisez votre film à deux » du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes rassemble toutes les informations importantes à connaitre lorsqu’on devient parent. Il propose également un check-up de la vie quotidienne.

Le Mamagenda de Travail.Suisse s'adresse aux futures mères et aux futurs pères et aide également à régler les problématiques liées à la grossesse sur le lieu de travail.

Le site niudad.ch de l'organisation faîtière des organisations d'hommes et de pères männer.ch propose des suggestions pour les futurs pères.

La page Travail de care non rémunéré : comment limiter les risques financiers donne des conseils pour le cas où un partage des tâches à parts égales ne serait pas envisageable ou réalisable.

Il n'existe pas de vue d'ensemble des offres de garde d'enfants au niveau national, mais de nombreux cantons ou communes proposent des listes des offres et leurs adresses de contact sur Internet.

10. Séparation ou divorce

Séparation ou divorce : qui paie vraiment la note ?

En Suisse, près de deux mariages sur cinq se terminent par un divorce. Et pour beaucoup de familles, c'est le début de difficultés financièressurtout pour les mères.
Ce sont elles qui portent le plus souvent les conséquences d'une répartition inégale des tâches pendant la vie commune. Après la séparation, elles doivent s'en sortir seules — avec souvent un taux d'activité réduit, un salaire inférieur et la charge principale des enfants.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

Dans la majorité des cas, les enfants vivent chez leur mère après la séparation.

La proportion de mères en situation de grande précarité financière passe de 7% à 34% au moment du divorce — alors qu'elle reste stable à 7% chez les pères (étude basée sur le Panel suisse de ménages, 2023). 

À noter toutefois que les pères à faibles revenus versant des pensions alimentaires peuvent également se retrouver sous pression financière. Ce que peu de gens savent : si les revenus du parent débiteur ne suffisent pas à couvrir son propre minimum vital, c'est le parent qui a la garde des enfants qui devra se tourner vers l'aide sociale — et qui devra éventuellement la rembourser plus tard et non l'ex-partenaire.

Une famille monoparentale sur cinq dépend de l'aide sociale.

Ce n'est pas une fatalité — c'est la conséquence directe de choix faits des années auparavant. Cash or Crash te permet de voir à l'avance ce que ces choix impliquent financièrement, pour toi et pour ta famille.

Garde et pensions alimentaires : comment ça se passe concrètement ?

Après une séparation, les parents doivent s'organiser — et souvent renégocier tout ce qui allait de soi pendant la vie commune. Quand ça coince, c'est souvent autour de deux questions : qui garde les enfants, et qui paie quoi ?

La garde 
Depuis 2017, chaque parent peut demander une garde alternée — même si l'autre s'y oppose. Le tribunal tranche alors en fonction de l'intérêt de l'enfant. En pratique, les enfants vivent encore le plus souvent principalement chez leur mère — même si la garde alternée progresse et concerne désormais environ un tiers des familles séparées.

Les conflits les plus vifs surgissent souvent autour du temps passé avec les enfants : chaque parent veut maintenir un lien fort avec eux au quotidien — une aspiration légitime des deux côtés.

Les pensions alimentaires
Les deux parents ont l'obligation de contribuer à l'entretien de leurs enfants selon leurs capacités financières. La part de garde influe directement sur le montant des pensions : plus un parent assume de garde, moins il en verse — et inversement.

Mais dans la réalité, les pensions ne sont pas toujours payées : On estime qu'au moins 20% des mères en situation de monoparentalité ne reçoivent pas — ou seulement en partie — les contributions d'entretien auxquelles elles ont droit. Chaque année, plus de 46'000 personnes en Suisse doivent recourir aux avances cantonales sur pensions alimentaires.

Ce qui complique tout : gérer deux foyers coûte plus cher qu'un seul. L'argent manque souvent — des deux côtés. Et pour la mère qui a réduit son activité professionnelle pendant la vie commune, la situation est particulièrement difficile : on attend d'elle qu'elle retrouve rapidement une indépendance financière, alors que ses revenus et sa retraite en ont déjà pris un coup.

Pourquoi le régime juridique est-il injuste si l'argent ne suffit pas ?

Le taux élevé d'aide sociale des mères dans les familles monoparentales est également lié à l'absence de partage du déficit. Cela signifie que si le revenu des deux parents n'assure pas le minimum vital, le parent qui devrait payer peut conserver le minimum vital et le parent qui aurait bénéficié de paiements doit demander l'aide sociale. Il s'agit en général du ménage dans lequel les enfants vivent (en majorité). Si l'argent de l'aide sociale doit être remboursé plus tard, ce sont uniquement les bénéficiaires de l'aide sociale et leurs proches qui doivent passer à la caisse, tandis que les ex-partenaires ne doivent pas participer. La Cour européenne de justice a déjà condamné cette réglementation en la qualifiant de discriminatoire.

Liens sur la séparation et le divorce

La page Séparation et divorce (liens en bas de page) de Budget-conseil Suisse aide à ordonner les finances.

De nombreuses informations sont disponibles sur la page Séparation de corps et divorce de la Fédération suisse des familles monoparentales.

11. La retraite, c'est maintenant que ça se joue

Comment savoir si ma retraite sera suffisante ?

La retraite en Suisse repose sur trois piliers complémentaires :

Le 1er pilier — l'AVS assure une base, mais ne suffit généralement pas à elle seule pour vivre. La rente minimale est de 1'260 CHF par mois en 2026, la rente maximale de 2'520 CHF. Si ces montants ne couvrent pas tes besoins vitaux, tu as droit à des prestations complémentaires — ce n'est pas de l'aide sociale, c'est un droit légal.

Le 2e pilier — la caisse de pension est géré par des assureurs privés, via ton employeur. Chaque année, tu reçois un certificat de prévoyance qui indique ta rente de vieillesse future estimée — garde-le précieusement !

Le 3e pilier correspond à ton épargne privée, notamment le pilier 3a qui offre des avantages fiscaux. En 2019, 62% des personnes actives y cotisaient.

Comment estimer ta future rente ?

Additionne les trois piliers pour avoir une image complète. L'AVS propose un calculateur en ligne pour estimer ta rente du 1er pilier. Pour le 2e pilier, consulte ton certificat de prévoyance annuel. Pour le 3e pilier et ton patrimoine, fais le point toi-même ou avec un conseiller.

Important : Cash or Crash calcule ta rente de vieillesse individuelle — AVS et caisse de pension — à partir de 65 ans. Le revenu de ton ou ta partenaire n'est pas pris en compte : on ne sait pas si vous serez encore ensemble à la retraite. En revanche, les droits issus d'un mariage — même dissous — sont bien intégrés dans le calcul.

À quoi faire attention pour avoir une rente décente plus tard ?

En Suisse, les assurances sociales sont conçues comme un revenu de remplacement — elles reflètent ce que tu as gagné pendant ta vie active. Conséquence directe : plus ton revenu professionnel a été faible ou irrégulier, plus ta rente sera basse.

Ce que le système prend en compte — et ce qu'il ne prend pas en compte :

  • L'AVS reconnaît partiellement le travail familial non rémunéré grâce aux bonifications pour tâches éducatives et d'assistance — un petit coup de pouce, mais loin de compenser entièrement.
  • Pour les couples mariés, l'AVS pratique le splitting : les revenus des deux partenaires sont additionnés et divisés par deux pour calculer les rentes — ce qui avantage la personne qui a moins gagné.
  • La caisse de pension, elle, n'est partagée qu'en cas de divorce — pas automatiquement pendant le mariage.
  • En cas de décès du ou de la partenaire, le survivant reçoit une rente de veuve ou de veuf équivalant à 60% de la rente initiale.

Le message clé :
Préserver ton indépendance financière, c'est aussi préserver ta retraite. Un revenu propre tout au long de ta vie active, c'est la meilleure garantie d'une rente suffisante.

Et si tu vis en concubinage, pense à régler dans un contrat de concubinage comment les questions financières — y compris la prévoyance vieillesse — seraient gérées en cas de séparation. Ce que le mariage règle automatiquement, le concubinage ne le fait pas.

Ce que l'AVS prévoit spécifiquement pour les femmes

Les rentes AVS des femmes et des hommes sont aujourd'hui relativement proches — grâce à plusieurs mécanismes intégrés dans le système :

  • Les bonifications pour tâches éducatives et d'assistance : les années consacrées à élever des enfants ou à s'occuper de proches sont prises en compte dans le calcul de la rente, même sans activité professionnelle.
  • Le splitting des rentes : pendant les années de mariage, les revenus des deux partenaires sont additionnés et partagés par moitié — ce qui avantage la personne qui a moins cotisé.
  • La redistribution en faveur des bas revenus : l'AVS n'est pas proportionnelle au salaire — les petits revenus bénéficient d'une rente relativement plus élevée par rapport à leurs cotisations.

Mais attention : même avec ces mécanismes, la rente AVS seule ne suffit généralement pas à vivre. En 2026, la rente maximale pour une personne seule est de 2'520 CHF par mois — et beaucoup de femmes touchent bien moins que ce maximum.

Des protections supplémentaires — mais uniquement pour les personnes mariées : En cas de décès du ou de la partenaire en âge de travailler, l'AVS verse une rente de veuve ou de veuf. À la retraite, les personnes veuves dont la rente est insuffisante reçoivent un supplément de veuvage. Ces prestations concernent majoritairement des femmes.

À noter pour 2026 : dès décembre 2026, toutes les personnes à la retraite recevront pour la première fois une 13e rente AVS — un versement supplémentaire annuel correspondant à environ un mois de rente. Cette mesure profite à tous les retraités de manière égale, indépendamment du genre.

Pourquoi les femmes sont-elles désavantagées dans la caisse de pension ?

La caisse de pension — le 2e pilier — a été conçue à une époque où le travail à plein temps masculin était la norme. Aujourd'hui encore, sa structure pénalise les personnes qui travaillent à temps partiel ou qui ont des revenus modestes — et ce sont majoritairement des femmes.

Deux problèmes techniques concrets :

Le seuil d'entrée : en 2026, tu dois gagner au moins 22'680 CHF par an pour être affilié·e obligatoirement à une caisse de pension. En dessous de ce seuil — fréquent pour les petits temps partiels — pas de 2e pilier, sauf si ton employeur propose volontairement une meilleure solution.

La déduction de coordination : même si tu dépasses le seuil d’accès à la caisse de pension, seule une partie de ton salaire est assurée. En effet, on déduit encore ce qu’on appelle la déduction de coordination. Il s’agit généralement d’une déduction forfaitaire, indépendante de ton taux d’activité. En 2026, la déduction de coordination s’élève à 26 460 CHF : ce montant est soustrait de ton salaire annuel brut avant de calculer tes cotisations. Avec un petit salaire à temps partiel, il peut donc rester très peu de salaire assuré.

Un exemple concret : quelqu'un qui gagne 30'000 CHF par an ne cotise que sur 3'540 CHF — soit une fraction infime de son salaire réel.

La bonne nouvelle : beaucoup de caisses de pension vont au-delà du minimum légal et offrent une meilleure couverture pour les temps partiels — notamment en adaptant la déduction de coordination à ton taux d'activité. Lors de ton prochain entretien de travail, pose aussi cette question — pas uniquement celle du salaire !

À noter : une réforme de la LPP visant à mieux couvrir les temps partiels a été soumise en votation en septembre 2024 et rejetée par le peuple. On estime qu'elle aurait amélioré la rente de 270'000 femmes. Le débat continue.

Quel est l'impact du mariage sur la rente de vieillesse ?

Le mariage a deux effets opposés sur la rente de vieillesse — un avantage et un inconvénient.

L'avantage : le splitting AVS
Dans un couple marié, les revenus professionnels des deux partenaires sont additionnés pendant les années de mariage, puis divisés par deux pour calculer les droits à la rente. Ce mécanisme — appelé splitting — protège la personne qui a moins travaillé ou qui a réduit son activité pour s'occuper des enfants. Et c'est un droit garanti par la loi — pas une question de bonne volonté du partenaire qui gagne plus. Ce mécanisme s'applique aussi en cas de divorce : même une fois séparés, les droits acquis pendant le mariage sont partagés.

L'inconvénient : le plafonnement des rentes
En revanche, les rentes AVS des couples mariés sont plafonnées à 150% de la rente maximale individuelle — soit 3'780 CHF par mois en 2026. Deux personnes non mariées peuvent quant à elles cumuler jusqu'à 5'040 CHF par mois. Pour un couple marié où les deux ont bien cotisé, cela peut représenter jusqu'à 1'260 CHF de moins par mois.

Cette règle date d'une époque où l'on partait du principe que les épouses ne travaillaient pas et n'avaient donc pas cotisé de leur côté. Aujourd'hui, elle est largement dépassée — mais la corriger coûterait cher à l'AVS.

En résumé : le mariage protège mieux la personne qui a moins travaillé, mais pénalise les couples où les deux ont bien cotisé tout au long de leur vie.

Liens vers l'assurance vieillesse

 

  • Le calculateur en ligne de l'AVS te permet de voir à quelle rente AVS tu peux t'attendre.
  • Attention : les calculateurs de caisses de pension d'entreprises privées veulent te vendre des prestations. Mieux vaut te renseigner auprès de ta propre caisse de pension.

12. Liste de tous les liens

Informations générales

Alliance F est l'association faîtière des organisations féminines en Suisse et a notamment contribué à la réalisation de Cash-or-Crash.

Beaucoup d’informations concernant tes droits sur ta place de travail sont disponibles en ligne sur le site du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG). Le BFEG a également élaboré des guides pour les personnes individuelles, les couples et les entreprises sur la manière de trouver concrètement des solutions équitables.

Les bureaux pour l’égalité dans les cantons et les grandes villes proposent également beaucoup de matériel informatif et offrent des conseils individuels. Tu les trouveras sous le site de Conférence suisse des délégué·e·s à l'égalité CSDE. Cette conférence a également élaboré elle-même des publications, par exemple des kits de prévention pour une place de travail sans harcèlement ou une étude sur les rentes de vieillesse/AVS.

Les associations professionnelles et les syndicats proposent aussi un soutien à l’égalité au travail. Les grandes associations faîtières sont l'Union syndicale suisse, qui s’engage très fortement en faveur de l’égalité salariale et pour tes droits au travail, ainsi que pour la Grève des femmes, et Travail.Suisse, qui est la plus grande organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, et qui se préoccupe davantage des problèmes de conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Les deux ont leurs propres délégué·e·s à l'égalité. La plus ancienne association d'employés, la Société suisse des employés de commerce, s'engage également activement pour parvenir à davantage d’égalité dans le monde du travail. Par le biais des organisations faîtières, tu trouveras également les différents syndicats de ta branche.

maenner.ch est l'association faîtière des organisations suisses d'hommes et de pères, orientée vers l'égalité.

Travail à temps partiel

Voici comment réussir à faire du jobsharing : brochure de conseils pour le jobsharing.

Qui a du mal à augmenter son taux d’activité en Suisse ? Chiffres détaillés de l'Office fédéral de la statistique (OFS)

La Guide du temps partiel pour les entreprises montre les aspects importants pour le travail à temps partiel dans les entreprises.

La Haute école spécialisée de Lucerne est également en train de travailler sur le thème du topsharing - le partage des responsabilités de direction pour une meilleure égalité des chances entre femmes et hommes (en allemand).

Salaire

Lorsque tu te prépares à des négociations salariales, utilise les calculateurs de salaire qui te montrent ce qui est usuel dans la branche et pour le poste visé. Fais un test avec celui qui correspond le mieux à ta situation :

La plate-forme Égalité salariale fournit de nombreuses informations supplémentaires sur les inégalités salariales et sur la manière de les combattre [Plateforme égalité salariale (admin.ch)] du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes.

Le projet Check your Salary d'Alliance F est conçu comme un concours pour les entreprises modernes et donne aux collaborateurs et collaboratrices des conseils et des astuces.

Égalité au travail et harcèlement sexuel

Le Secrétariat d'État à l'économie SECO a élaboré des conseils à l'intention des entreprises pour réussir à placer davantage de femmes dans des fonctions dirigeantes.

L'Université de Saint-Gall a également rédigé un rapport de Gender Intelligence sur ce thème en 2021.

La page Harcèlement sexuel sur le lieu de travail du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes t'aide à comprendre comment tu peux te défendre contre le harcèlement sexuel.

Égalité et carrière

Le Secrétariat d'État à l'économie SECO a élaboré des conseils à l'intention des entreprises pour réussir à placer davantage de femmes dans des fonctions dirigeantes.

L'Université de Saint-Gall a également rédigé un rapport de Gender Intelligence sur ce thème en 2021.

Vivre ensemble

Le projet « Réalisez votre film à deux » du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes a rassemblé les enjeux importants liés au fait de vivre ensemble.

Les questions juridiques importantes concernant le concubinage sont expliquées sur la page du concubinage de ch.ch. On y trouve également des informations sur le contrat de concubinage

Les enfants et la conciliation du travail et des responsabilités familiales

Le projet « Réalisez votre film à deux » du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes a rassemblé toutes les informations importantes à connaitre quand on devient parent. Il propose également un check-up de la vie quotidienne.

Le Mamagenda de Travail.Suisse s'adresse aux futures mères et aux futurs pères et aide également à régler les problématiques liées à la grossesse sur le lieu de travail.

Le site niudad.ch de l'organisation faîtière des organisations d'hommes et de pères männer.ch propose des suggestions pour les futurs pères.

La page Travail de care non rémunéré : comment limiter les risques financiers donne des conseils pour le cas où un partage des tâches à parts égales ne serait pas envisageable ou réalisable.

Il n'existe pas de vue d'ensemble des offres de garde d'enfants au niveau national, mais de nombreux cantons ou communes proposent des listes des offres et leurs adresses de contact sur Internet.
 

Séparation et divorce

La page Séparation et divorce (liens en bas de page) de Budget-conseil Suisse aide à ordonner les finances.

De nombreuses informations sont disponibles sur la page Séparation de corps et divorce de la Fédération suisse des familles monoparentales.

Assurance vieillesse

Le calculateur en ligne de l'AVS te permet de voir à quelle rente AVS tu peux t'attendre.

Attention : les calculateurs des caisses de pension d'entreprises privées veulent te vendre des prestations. Mieux vaut te renseigner auprès de ta propre caisse de pension.